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Unis dans la Résistance : des rassemblements pour honorer la Résistance

 

La Fédération de Moselle du PCF a organisé de 27 Mai, un hommage à la résistance à Algrange, dans le cadre de la journée nationale.

Patrick PERON, Maire de la commune a tenu à rappeler le rôle des militants ouvriers dans la Résistance. Il a également souligné leur contribution à l'élaboration du contenu progressiste du programme du Conseil National de la Résistance "les Jours Heureux" dont des extraits ont été lus par Charles BEISS. Le Maire d'Algrange a rendu un hommage particulier à Ambroise Croizat ainsi qu’à notre regretté camarade Bernard Camponova qui était militant communiste à Sollac.

Au nom de la Fédération, Jacques MARECHAL, secrétaire départemental, a dénoncé l'ostracisme dont est victime la composante Communiste de la Résistance par le président de la République.

Il a également rappelé toute la pertinence du programme du CNR que le patronat remet en cause avec l'aide du gouvernement actuel.

Ci-dessous, l’intervention de  Jacques MARECHAL.

 

 

En 1945 La France et l'Europe étaient libérées du nazisme et de la collaboration., Le 27 mai, nous commémorons journée nationale de la Résistance, date anniversaire de la création du CNR et de l'unification de la Résistance, Cette journée prend cette année un relief tout particulier, parce que c'est le 70e anniversaire de la victoire contre le nazisme et parce que le Président de la République a décidé de panthéoniser quatre héros et martyrs de la résistance : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay.

François Hollande, qui a fait le choix de ses quatre noms, a pris soin de rassembler toutes les familles politiques de la Résistance (gaulliste, socialiste, radicale et sans partis) sauf une : les communistes.

Pourtant de Marie-Claude Vaillant Couturier à Missak Manouchian en passant par Martha Desrumaux, ce ne sont pas les grandes figures qui manquaient.

Le PCF rend hommage aux résistants qui entrent au Panthéon. officielles. Mais nous ne comprenons pas l'ostracisme dont sont victimes les communistes dans le choix présidentiel. Cela contrarie les valeurs de la République qui ont prévalu en ces temps sombres, et qui restent de pleine actualité. La Résistance des femmes et hommes communistes a été essentielle, nous appelons le Président à ne pas l'oublier pour des raisons de politique politicienne.

Cette libération par les Alliés unis ( Grande-Bretagne, URSS, Etats-Unis, France libre) avait tellement été attendue. En France, tout s'accéléra avec le débarquement en Normandie et le début de l'insurrection nationale en juin 1944.

La libération conjugue donc l'effort militaire allié et la mobilisation de l'ensemble des résistants de l'intérieur et de l'extérieur. Il en fallu pourtant des sacrifices pour en arriver là. Pour en arriver à une résistance unie, capable de jouer un rôle majeur dans la libération du territoire.

Aujourd'hui, 27 mai nous avons pris l'initiative de ce moment ici à Algrange dans le cadre de la journée nationale de la Résistance. Cette date n'est évidemment pas un hasard, elle se réfère au 27 mai 1943 et à la première réunion du Conseil National de la Résistance.

Ce jour-là, l'ensemble des partis, syndicats et mouvements de résistance s'unissent sous l'autorité de Jean Moulin envoyé par le général De Gaulle. Ils décident d'agir ensemble pour combattre les occupants et le régime de Vichy. Ils décident d'agir ensemble pour que la France puisse à la Libération recouvrir son entière souveraineté et puisse jouer un rôle majeur dans le concert des nations.

Il en a donc fallu des efforts et des sacrifices pour que depuis la défaite de 1940 et la trahison d'une part de ses élites la France relève la tête.

En 1940, seuls quelques hommes et femmes isolés refusent la défaite et l'asservissement. Il en a fallu des efforts pour ne pas céder alors que les Etats-Unis et l'URSS ne sont toujours pas en guerre contre l'Allemagne ; il en a fallu des efforts pour renouer les contacts, tisser des liens, s'organiser pour dire non à l'occupation alors que tous les repères sont brouillés que certains des amis d'hier acceptent le coup de force de Pétain et la fin de fait de la République.

Mais du courage, les résistantes et résistants n'en manque pas, ils vont le montrer très vite. En 1940, des premières initiatives sont prises comme l'appel du général De Gaulle depuis Londres, la manifestation du 11 novembre 1940 à l'Arc de Triomphe et dans lequel les étudiants communistes jouèrent un rôle majeur.

De son côté, le PCF – qui fut un temps prisonnier des contradictions engendrés par le pacte germano-soviétique- prend progressivement des initiatives et ses dirigeants appellent à la mobilisation contre Pétain puis contre l'occupant. Les premiers mouvements de résistance organisés naissent. Dès le début 1941, tout s'accélère et les initiatives se multiplient. Au printemps – avant l'invasion de l'URSS - le PCF prend l'initiative du rassemblement le plus large avec la constitution du Front National pour l'indépendance. A l'été, c'est le passage à la lutte armée dans laquelle les FTP vont exceller et parmi eux les FTP-MOI au risque de leur vie. C'est ainsi que Manouchian et ses camarades multiplient les attaques et sont finalement arrêtés, torturés, jugés dans une mascarade de procès et exécutés.

La répression nazie et des autorités françaises se déchaînent contre tous les résistants qui vont faire tomber les barrières idéologiques ou les anciennes querelles qui peuvent encore les diviser. La lutte est inégale et de nombreux résistants tombent au combat.

Ceux des résistants qui arrêtés ne sont pas fusillés, sont envoyés en camps de concentration, seulement la moitié en reviendra.

Nous sommes ici à Algrange, dans cette vallée de la Fensch marquée par les luttes du mouvement ouvrier et qui apportera une grande contribution au groupe Mario

Mais les résistants, tous les résistants, savent que leur cause est juste, que de leurs côtés les Alliés commencent à regagner du terrain. Ils vont donc parachever leur unité avec la création du CNR et se doter d'une perspective stratégique : l'insurrection et d'une perspective politique : les mesures immédiates à appliquer à la Libération. C'est le programme du CNR de mars 1944.

Ce programme qui inspira les grandes réformes de la Libération : Sécurité Sociale, nationalisations, comités d'entreprise, statut de la fonction publique, planification économique… est aujourd'hui attaqué de toute part. C'est ce qu'avait déjà été souligné dans l'appel des résistants aux jeunes générations en 2004

En vérité, on veut en finir avec l'esprit de 1945, esprit d'unité bien sûr mais surtout esprit de réformes progressistes. Et les communistes à l'époque en furent les principaux artisans : artisans du rassemblement le plus large mais sur un contenu : démocratiser la République et la doter d'une forte dimension sociale.

Aujourd'hui, il n'en est plus question. Le mot réforme a été vidé de son contenu et est devenu synonyme de régression sociale. La gouvernance a remplacé la souveraineté populaire.

Les communistes dans la résistance ont tout fait pour unir quelle que soient les différences politiques et les trajectoires, aujourd'hui à la différence de François Hollande, nous ne faisons pas de tri, nous commémorons toute la résistance et tous les résistants.

Et dans la situation de crise sociale, nous voulons unir : Car, Aujourd'hui dans la situation de crise politique, nous voulons agir et unir sur un contenu progressiste avec nos partenaires du Front de Gauche, avec toutes les forces de gauche, sociales, syndicales qui le souhaitent pour ouvrir une nouvelle perspective et construire de larges rassemblements progressistes.

Une crise grave crise traverse par l'Europe et la poussée des forces d’extrême droite, notamment en France, appellent à faire vivre les valeurs progressistes de la Résistance

Nous restons fidèles à ces valeurs et à ces combats progressistes c’est la raison profonde de notre engagement

Vive la République que vivent « les jours heureux »

Jacques Maréchal, secrétaire départemental du PCF